● Obligatoire

Entretien de la pompe à chaleur : obligatoire tous les 2 ans

Fréquence tous les 2 ans Prix 100–300 € Par un professionnel

Oui, l'entretien de la pompe à chaleur (PAC) est obligatoire depuis juillet 2020, pour toutes les PAC dont la puissance est comprise entre 4 et 70 kW, c'est-à-dire la quasi-totalité des PAC air-eau et géothermiques installées dans les logements (décret n° 2020-912). La visite doit avoir lieu au moins une fois tous les 2 ans, par un professionnel détenteur d'une attestation de manipulation des fluides frigorigènes. Comptez 100 à 300 € pour 1 à 2 h d'intervention, à la charge du locataire en location, sauf clause contraire du bail.

Obligation & source

Le décret n° 2020-912 impose l'entretien périodique des pompes à chaleur dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW, au même titre que les chaudières. Une PAC air-eau ou géothermique de maison individuelle se situe presque toujours dans cette fourchette (typiquement 5 à 16 kW) : dans les faits, l'obligation concerne la grande majorité des installations.

La visite doit être réalisée par un professionnel détenteur d'une attestation de capacité pour la manipulation des fluides frigorigènes : une qualification distincte de celle d'un chauffagiste généraliste, indispensable dès qu'on ouvre le circuit frigorifique de l'appareil.

Contrairement à la chaudière gaz, aucun délai réglementaire précis de remise d'une attestation écrite n'encadre l'entretien de la PAC. Conservez simplement la facture d'intervention détaillée : c'est elle qui fera foi auprès de votre assurance ou en cas de litige avec le propriétaire.

Fréquence & période

Une fois tous les 2 ans, sans dérogation liée à l'usage (chauffage seul ou chauffage + rafraîchissement). La période la plus adaptée se situe entre mars et juin : l'appareil vient de finir sa saison de chauffe la plus intense et, si votre PAC réversible sert aussi à rafraîchir l'été, la visite intervient avant le pic d'utilisation estival. Une PAC neuve doit être entretenue pour la première fois avant la fin de sa 2ᵉ année de fonctionnement, ce qui est aussi, en général, une condition de la garantie constructeur.

Qui paie ?

En location, l'entretien de la PAC relève de l'entretien courant à la charge du locataire, au même titre que celui d'une chaudière (annexe du décret n° 87-712), sauf clause expresse du bail confiant cette charge au propriétaire :

  • le locataire paie : la visite bisannuelle, les menus réglages ;
  • le propriétaire paie : le remplacement d'un composant défaillant lié à l'installation (compresseur, unité extérieure), et la première mise en service d'un appareil neuf.

Attention à ne pas confondre avec la climatisation réversible (souvent de type air-air, moins puissante) : pour cet équipement, l'obligation est conditionnelle et la charge de la visite professionnelle revient, elle, au propriétaire (voir notre fiche dédiée à l'entretien de la climatisation).

Prix constaté

Comptez 100 à 300 € pour une intervention ponctuelle, selon le type de PAC (air-eau, géothermie), sa puissance et l'accessibilité de l'unité extérieure. Le prix englobe le contrôle du circuit frigorifique et la main-d'œuvre ; un dysfonctionnement détecté pendant la visite (fuite, pièce à changer) fait toujours l'objet d'un devis séparé.

Comment faire

  1. Vérifiez la qualification du professionnel : demandez explicitement son attestation de capacité fluides frigorigènes : sans elle, il ne peut légalement pas intervenir sur le circuit.
  2. Dégagez l'accès à l'unité extérieure (pas de végétation ni de neige contre la grille) et à l'unité intérieure ou au ballon associé.
  3. Pendant la visite (1 à 2 h) : contrôle d'étanchéité du circuit frigorifique, vérification de la pression et de la charge de fluide, nettoyage des échangeurs et filtres, contrôle des connexions électriques et des organes de sécurité, mesure des performances (température de départ, consommation).
  4. Conservez la facture détaillant les points contrôlés : c'est votre seule preuve d'entretien en cas de sinistre ou de revente.

Risques si négligé

Une PAC mal entretenue perd jusqu'à 20 % de rendement : elle consomme plus d'électricité pour le même confort. Le risque le plus sérieux reste la fuite de fluide frigorigène, coûteuse à recharger, et polluante (les fluides frigorigènes sont de puissants gaz à effet de serre, bien plus qu'un même volume de CO2). À terme, un entretien négligé accélère l'usure du compresseur, la pièce la plus chère de l'appareil : son remplacement avoisine souvent le prix d'une PAC neuve d'entrée de gamme.

Questions fréquentes

Ma PAC ne sert qu'au chauffage, pas à rafraîchir : l'obligation s'applique-t-elle quand même ?
Oui. Le décret n° 2020-912 s'applique à la puissance de l'appareil, pas à son usage, chauffage seul ou réversible.
Que risque-t-on si l'entretien n'a jamais été fait ?
Aucune amende n'est prévue pour le particulier, mais le risque réel est ailleurs : perte de rendement continue, panne en pleine saison, et un assureur qui peut invoquer le défaut d'entretien après un sinistre lié à l'appareil.
Je viens d'emménager, la PAC n'a pas d'attestation ni de facture récente.
Faites réaliser la visite dès que possible et conservez la facture : elle devient votre point de départ, quel que soit l'historique antérieur.
Climatisation réversible et PAC air-eau, c'est la même obligation ?
Non. La PAC air-eau ou géothermique de chauffage central est presque toujours au-dessus du seuil de 4 kW, donc systématiquement concernée. La climatisation réversible (souvent air-air, moins puissante) n'est obligatoire que si elle dépasse 4 kW ou 2 kg de fluide (voir notre fiche « Entretien de la climatisation »).

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